A display shows a vehicle and person recognition system for law enforcement  SAUL LOEB/AFP/Getty Images

Un principe de précaution face à l’intelligence artificielle

FLORENCE – Pour les dirigeants politiques du monde entier, la meilleure manière de prendre une décision consiste à la fonder sur les faits, aussi imparfaites que puissent être les données disponibles. Mais comment procéder lorsque les éléments de preuve se font rares, voire inexistants ? C’est le dilemme auquel sont aujourd’hui confrontés ceux qui doivent anticiper les retombées des « algorithmes prédictifs avancés » – ces composantes binaires que sont le machine learning et de l’intelligence artificielle (IA).

Dans les cercles académiques, ceux qui s’intéressent à l’IA se divisent en deux catégories : les « singularitaristes » et les « présentistes ». De manière générale, pour les singularitaristes, même s’il est possible que les technologies d’IA représentent une menace existentielle pour l’humanité, les avantages l’emportent sur les coûts. Mais bien que cette école inclue certaines sommités, et qu’elle attire d’importants financements, son rendement académique échoue jusqu’à présent à démontrer sa conception de manière convaincante.

Dans le camp opposé, les présentistes tendent à se concentrer sur l’équité, la responsabilité et la transparence liées aux nouvelles technologies. Ils s’inquiètent par exemple de la mesure dans laquelle l’automatisation impactera le marché du travail. Mais ici encore, les recherches sont peu convaincantes. La revue MIT Technology Review a ainsi récemment comparé les conclusions de 19 études majeures de prévision des disparitions d’emplois, et a déterminé que le nombre d’emplois « détruits » à travers le monde atteindrait 1,8 à 2 milliards.

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